Buée, Le dernier départ

Les Éditions Mesures viennent de publier leur deux premiers livres : « Buée » de Françoise Morvan et « Le dernier départ » de Guennadi Aïgui, traduction et postface d’André Markowicz. Ils ont si beaux, de la couverture avec une tendre illustration, au choix du papier tout doux (Munken pure rough).

« Les Éditions Mesures ont été créées pour ouvrir une zone de liberté, en marge des grandes maisons d’édition. Elles proposent des livres à la fois simples et précieux, à tirages limités, numérotés et signés, pour faire connaître des textes littéraires inédits ou introuvables. »

Les nuits de Reykjavik

"Les nuits de Reykjavik" de Arnaldur Indridason, Éditions Métaillé

Kringglumyri, Miklabraut, Hvassaleiti, Kringlumyrarbraut…Dès la 2e page tu te demandes où tu vas avec ces mots que tu n’as même pas envie de lire jusqu’au bout. Bon ça passe. Et j’ai enfin découvert le fameux enquêteur Erlendur.

Quand il ne sillonne pas, la nuit, les rues de Reykjavik, à la poursuite des chauffards ou au secours des accidentés, le policier Erlendur cherche à comprendre comment et pourquoi est mort le « clochard » Hannibal retrouvé noyé dans une tourbière. Erlendur s’intéresse aussi aux disparitions, en particulier à celle d’une jeune femme, volatilisée une nuit après avoir fait la fête avec des amis dans un bar. Alors qu’il n’est que « policier de proximité », il procède en vrai enquêteur : il interroge les voisins, les familiers, remonte des pistes, se perd dans des impasses.

Tout cela est bien raconté, mais sans éclat ; le portrait du policier/enquêteur est un peu pâle et les nuits de Rekjavik sont très froides.

Les captifs du zoo

"Les captifs du zoo. Souvenirs d'une gardienne de jardin zoologique" de Vera Hegi, Éditions La Bibliothèque

Dans les années 1920, à Moscou, Émilie Wachst est gardienne au jardin zoologique. Plus tard, elle racontera ses souvenirs de gardienne de zoo à son mari, Henri Ellenberger, qui les transcrira car Émilie « ignorait souverainement les règles de grammaire et son orthographe était de pure poésie. » (p 180, postface de Michel Ellenberger, le fils).  
« La ferveur qui irrigue chaque récit, la tension dramatique qui les anime sont d’Émilie Ellenberger. La concison de la narration, l’élégance de la forme sont d’Henri Ellenberg. » (p 181). 

Vous pouvez lire ici https://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2019/03/lu-les-captifs-du-zoo-vera-hegi.html ce qu’écrit Tilly Bayard-Richard au sujet de de ce beau petit livre

Ève sous la neige

"Ève sous la neige. Tôkyô, 1947" de Ishikawa Jun/ 石川 淳, traduit du japonais et présenté par Vincent Portier, Les Belles Lettres

En 1946-1947, à Tôkyô, détruite par les bombes et les incendies, il faut vivre sans maison, sans travail. Il faut aussi apprendre les nouveaux « codes » dictés par l’occupant pour réformer la famille, la religion, les institutions et apprendre à ce peuple ce qu’est le bien et le mal. Les récits énigmatiques de Ishikawa Jun, écrits sur le vif, sont passionnants. L’édition est parfaite, et très utile la postface du traducteur.

« Il faut avoir vécu au Japon pour bien comprendre sur quel vide moral ce pays était bâti. Un shintoïsme concervant en plein XXe sciècle l’animisme des primitifs ; un confucianisme qui donnait aux relations humaines une hypocrite apparence d’ordre cachant mal la sécheresse des sentiments du cœur ; un boudhisme aux aspirations nihilistes… : voilà les pauvretés dont vivait l’âme japonaise. » Robert Guillain, Le Monde 2 juillet 1946, cité dans la postface.

20 livres, 20 pierres sur mon chemin

Docteur Jivago (Boris Pasternak)
Chroniques de l’oiseau à ressort (Haruki Murakami) 
Le Tambour (Günther Grass)
L’Invention du Monde (Oliver Rolin)
Les Buddenbroocks (Thomas Mann)
La leçon d’allemand (Siegfried Lenz)
Une femme à Berlin
Les Bienveillantes (Jonathan Littell)
Les Confessions (Jean-Jacques Rousseau)
Boussole (Mathias Enard)
Mémoire (Catherine Clément)
Hadji Mourat (Léon Tolstoï)
Un héros de notre temps (Lermontov)
Le clan des Ottori (Llian Hearn) 
La pierre et le sabre (Eiji Yoshikawa)
La mer de la fertilité (Mishima Yukyo)
Un artiste du monde flottant (Sir Hishiguro Kazuo)
Le pauvre cœur des hommes (Soseki Matsumo)
Les 47 rônins (Osaragi Jirô)
La société du mystère (Dominique Fernandez)